SORTIE DE CRISE

CriseNoël et son grand traîneau de la consommation déferle en vue des fêtes de fin d’année. Si nous nous priverons peut-être pour passer de beaux réveillons, qu’en est-il exactement de cette crise en métropole et à la Réunion qu’on nous annonce terminée ? Emma Mag se fait économiste…

L’ambiance est moins morose dans les médias ces derniers temps. On commence à envisager le début de la fin de la crise. Les banques américaines ont de bons résultats jusqu’à la consommation française qui a augmenté.

Seul le FMI (Fond Mondial International) fait les gros yeux, estimant que les banques doivent faire de plus grosses dépréciations, et poussant les gouvernements à injecter de plus en plus d’argent dans leurs économies.
Les bons résultats des banques américaines sont en effet encourageants. De même, le fait que certains fonds se créent pour racheter des parts d’entreprises sous-évaluées, cela montre les mouvements de l’économie pour sortir de la crise.

Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est un mouvement de stabilisation du système financier. Nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle catastrophe type faillite de Lehman Brothers. Nous aurons encore des soubresauts. Mais nous pouvons envisager d’avoir atteint un point bas, point de départ vers une normalisation.

Il faut évidemment s’en féliciter, avec les précautions d’usage. Tout en replaçant les choses dans le contexte temporel. Mais n’oublions pas le facteur temps. La crise n’est pas apparue d’un seul coup, elle mettra du temps à se résorber.

Dans notre monde d’instantanéité médiatique, c’est un élément qui a du mal à passer. On recherche LE signe de relance, de reprise. Il n’y en aura pas. L’économie sera déjà repartie depuis quelque temps avant qu’on s’en aperçoive.

Il y a d’abord eu la baisse de l’immobilier américain, puis le blocage des marchés financiers, puis le ralentissement de toute l’économie.

Aujourd’hui, les marchés financiers semblent en voie de stabilisation, sans que l’on soit revenu à la normale. Le marché du crédit interbancaire fonctionne encore très mal. Nous ne sommes qu’au début du processus, qui est encore fragile.

Ensuite, il faut attendre la stabilisation de l’économie. Celle-ci a ralenti brusquement en partie à cause de la peur. Les entreprises ont ralenti la production pour déstocker, les gens ont arrêté d’acheter par peur du lendemain. Une fois la confiance revenue, l’économie se stabilisera.

Cependant, il ne faut pas oublier deux choses. D’abord, l’économie a, en quelque sorte, grandi dans un mauvais sens. C’est l’endettement américain qui a tiré l’économie mondiale. Il y a un reflux, une baisse des PIB, qui est normale, inévitable. On revient à la situation d’avant le départ de la mauvaise croissance, pour parler de manière imagée.

Durant cette phase, il faut aider les gens qui perdent leur emploi, qui sont en difficulté. Ce qui soutient l’économie en atténuant le reflux de la consommation. Donc, l’économie ne revient pas tout à fait à son niveau d’avant la mauvaise croissance. Et toute la croissance n’était pas mauvaise d’ailleurs.
Il ne faut donc pas oublier que la crise actuelle se développe dans une économie qui était déjà faible. Le défi de la France, c’est de trouver un moteur interne à son économie, de ne pas dépendre uniquement de l’environnement mondial, et donc des États-Unis.

La France a des atouts. Son économie est une des plus diversifiées d’Europe. Ce qui faisait la force de l’Allemagne, du Royaume Uni, de l’Espagne, fait aujourd’hui leur faiblesse. Ces pays dépendent trop d’un secteur d’activité.

Il ne faut donc pas oublier que sous la crise, visible et médiatisée, il y a toujours cette crise latente qui dure depuis longtemps. La majeure partie des problèmes sociaux existait avant la crise financière. Celle-ci n’a fait que les accentuer. Comme le chômage, par exemple.



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